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Teréga expérimente la conversion d’une canalisation gaz en hydrogène à Ambès

Stratégie
lundi 24 mars 2025

Les travaux devraient s'achever fin 2026. Photo d'illustration Adobe Stock

Le gestionnaire d’infrastructures gazières Teréga lance un projet inédit en Gironde : transformer un tronçon de canalisation de gaz naturel en conduit pour hydrogène.

À Ambès, en Gironde, Teréga expérimente pour la première fois la conversion d’une canalisation de gaz naturel à l’hydrogène. Ce projet pilote baptisé Retrofit H₂ mobilise depuis deux ans les équipes de l’entreprise, qui ont élaboré un protocole de conversion désormais testé en conditions réelles.

Le choix du site d’Ambès repose sur des critères techniques précis, explique l'opérateur gazier dans un communiqué de presse : le tronçon de 468 mètres, déconnecté du réseau principal mais maintenu en bon état, est localisé sur l’ancien branchement d’une centrale EDF. Son âge, la nuance de son acier et sa situation stratégique en font un candidat idéal pour une telle expérimentation, jugée sans risque.

Préparer la transition du réseau vers l'hydrogène

L’objectif de Teréga est double : démontrer la faisabilité technique de cette transformation et valider un protocole réplicable à l’échelle du réseau. Si le projet reçoit l’aval des autorités, il pourrait ouvrir la voie à une réutilisation à grande échelle des infrastructures gazières pour le transport d’hydrogène, un projet sur lequel Teréga prévoit des investissements de l’ordre de 800 millions d’euros d’ici à 2035.

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Le projet s’inscrit dans la perspective du corridor HySoW (Hydrogen South West), une future dorsale hydrogène de 650 kilomètres visant à relier les pôles industriels des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, et qui s’inscrit lui-même dans le cadre de la future « Dorsale hydrogène européenne », portée conjointement par plusieurs opérateurs gaziers du vieux continent.

Mise en service fin 2026

En septembre 2024, Teréga a procédé à une inspection complète de la canalisation par ultrasons pour vérifier l’intégrité de l’ouvrage. Les résultats positifs permettant d’envisager la suite du projet, la prochaine étape consiste à déposer une demande d’autorisation à l’été 2025. Si celle-ci est acceptée, les travaux débuteront à l’été 2026, pour une mise en service envisagée d’ici la fin de la même année.

La technologie d’inspection par ultrasons pourrait, selon Teréga, être appliquée plus largement aux canalisations de gaz naturel, renforçant ainsi la sécurité et la durabilité du réseau existant.

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