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Économie d'énergies 4/4. La réglementation face au défi climatique entre dans sa phase de vérité

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jeudi 16 octobre 2025
Économie d'énergies 4/4. La réglementation face au défi climatique entre dans sa phase de vérité

Le décret tertiaire impose à tous les bâtiments tertiaires de plus de 1.000 m² de réduire drastiquement leur consommation d’énergie. Crédit : Adobe Stock

Face à la réglementation du décret tertiaire, les leviers existent pour faire de la contrainte un potentiel de développement. Les entreprises, surtout du tertiaire, devront s'y plier. Elle peuvent aussi en faire un levier de croissance.

Depuis 2019, les entreprises du secteur tertiaire doivent répondre à une loi sur la transition énergétique. Elle vise à accélérer la réduction des consommations énergétiques dans un secteur fondamental, responsable de près d’un tiers de la consommation finale française. L'enjeu est de taille : se transformer en profondeur ou risquer des pénalités financières et une réputation ternie. Six ans après sa publication, la mise en œuvre de ce décret entre dans une « phase de vérité ». Il impose à tous les bâtiments tertiaires de plus de 1.000 m² de réduire drastiquement leur consommation d’énergie. La trajectoire est stricte : réduire de 40% d’ici 2030, de 50% en 2040, et de 60% en 2050.

Or, près de 20% des acteurs concernés n’ont toujours rien déclaré. Selon l’Ademe, le parc tertiaire a réduit sa consommation d’environ 22% par rapport à la décennie 2010-2019. Cela signifie que la moitié du chemin reste à parcourir pour atteindre l'objectif de 2030. En cas de non-respect, les contrevenants s’exposent à des mises en demeure, des amendes pouvant aller jusqu’à 7.500 euros par bâtiment, ainsi qu'à la publication de leur nom.

Regarder à long terme

Au-delà des contraintes matérielles, le principal frein réside dans la culture du résultat. Le décret tertiaire marque une rupture en se focalisant sur la performance effective plutôt que sur les objectifs de moyens (comme l'isolation). Yael Larroze, directeur du bureau d’études Less is more, estime qu’il y a une sous-performance des installations de 30% dans les livraisons classiques, due notamment à une mauvaise mise en service post-livraison. Ceci démontre que des bâtiments récents (livrés en 2010, par exemple) peuvent être « extrêmement médiocres » en matière de performance énergétique. La surperformance n’implique pas nécessairement un surcoût ; il est possible de réaliser au moins 30% d’économies en évitant le surdimensionnement technique des ouvrages. Cependant, le raisonnement économique se focalise souvent sur le coût d’investissement immédiat plutôt que sur l’intérêt de gagner de l’argent sur le long terme (coût global), acceptant une « certaine médiocrité » à l’achat.

Un argument commercial

La transition, bien que contrainte, peut devenir un levier d’efficacité : en obligeant à mesurer et piloter les consommations, les entreprises comprennent mieux leur usage énergétique. La réduction devient un argument commercial, synonyme de baisse des coûts d’exploitation, d’amélioration du confort et de valorisation patrimoniale.

L'adoption de la sobriété est entravée par la durée jugée longue du retour sur investissement, la vétusté des structures, et les difficultés juridiques liées au raccordement de la chaleur fatale (chaleur perdue) aux réseaux publics. Le décret tertiaire force ainsi le secteur à envisager l'efficacité énergétique non plus comme une option, mais comme un impératif économique stratégique face aux échéances de 2030.

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