Feu vert préfectoral pour l’usine Flying Whales dans le nord Gironde
En juin, Flying Whales indiquait avoir signé 75 préaccords commerciaux. Crédit : GAAMMA - Laurent GOUDCHAUX Arthur Mamou-Mani
De nouvelles étapes administratives ont été franchies pour ce projet d'usine de dirigeables géants à Laruscade. Les travaux pourraient démarrer l’année prochaine.
On n’est pas par hasard champions du monde de la démarche administrative. Et, à l’instar du marathon, on devine la satisfaction de ceux qui viennent de franchir les nombreuses étapes d’un dossier au long cours, comme peuvent l’être les projets d’implantation industrielle en France. La Gironde ne fait pas exception et les planètes semblent s’aligner pour Flying Whales : les préfets de Gironde et de Charente-Maritime (respectivement Étienne Guyot et Brice Blondel) ont validé cette semaine l’autorisation environnementale nécessaire à la création d’une zone d’activités économiques pour une filière « Dirigeables » sur la commune de Laruscade, dans le nord Gironde.
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Les représentants de l’État ont signé le précieux sésame après avis du CODERST (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques), qui s’est prononcé quelques semaines après les conclusions globalement favorables suite à l’enquête publique menée cet été. En outre, le préfet de la Gironde a, dans le même temps, accordé la déclaration d’utilité publique à la Communauté de communes Latitude Nord Gironde à laquelle appartiennent Laruscade, pour la réalisation de ce projet
« L’ère du transport durable de marchandises lourdes »
Des annonces dont se félicitent abondamment différentes parties prenantes du dossier, élus comme industriels. Au premier rang desquels Vincent Guibout, CEO de Flying Whales, qui se rapproche de la réalisation d’une usine d’assemblage de méga dirigeables dédiés au transport de charges lourdes (de l’ordre de plusieurs dizaines de tonnes). « Cette décision marque l’aboutissement de plus de quatre années de travail collectif », indique-t-il, estimant que l’arrêté préfectoral « reconnaît le projet d’intérêt général majeur pour ses retombées économiques, ses mesures environnementales jugées suffisantes et rigoureuses et son impact sur l’économie locale ».
Satisfecit également du côté d’Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Ardent défenseur du dossier depuis ses prémices, qui n’a économisé ni son énergie, ni l’argent de la Région : la collectivité détient 33% du capital de la holding Flying Whales, qui contrôle elle-même 50,02% de la SAS Flying Whales. Il s’agit « d’un projet de rupture technologique et d’envergure internationale qui nous fait entrer dans l’ère du transport durable de marchandises lourdes », martèle-t-il. Et le président de Région de rappeler la perspective de 300 emplois directs au sein de l’établissement industriel.
Chantier en 2026 ?
Et le président de la Communauté de communes Latitude Nord Gironde, Eric Happert, d’indiquer que « très prochainement, les autorisations au titre du code de l’urbanisme seront délivrées et les premiers travaux pourront être engagés en 2026 ». La société Flying Whales a chiffré le budget global de son projet girondin à quelque 450 millions d’euros. « Nous abordons sereinement un tournant décisif en amorçant la phase industrielle attendue par de nombreux clients », se projette déjà Vincent Guibout. Le chantier pourrait durer de 12 à 18 mois.
La sous-traitance régionale impliquée
Depuis octobre, Flying Whales teste avec son partenaire bayonnais Akira Technologies l’un des 32 propulseurs électriques à hélices qui équiperont à terme le dirigeable. Ce moteur est issu d’un projet collaboratif baptisé « i-Démo e-Propu & Distrib » impliquant notamment le groupe girondin Serma mais aussi Brightloop, Amphenol et l’institut de recherche CEA-Lite. Et d’ici peu, c’est à La Rochelle que Reel-Imeca débutera la campagne de tests des treuils (12 par dirigeables) qui permettront de lever ou déposer, dans des zones difficiles d’accès par le sol, les charges pouvant aller jusqu’à 60 tonnes.