À Mourenx, le comité départemental de veille et d'appui aux entreprises se rapproche du terrain
La réunion s'est tenue à l'hôtel de la CCLO de Mourenx. | Photo CC Lacq-Orthez.
Lancé en mai dernier, le comité départemental de veille et d'appui aux entreprises s'est réuni pour la première fois à Mourenx pour une réunion d'information consacrée aux entreprises de la CCLO. L'occasion de faire le point sur les chiffres de l'économie du département et sur les dispositifs d'aide existants.
Le comité de veille et d’appui aux entreprises des Pyrénées-Atlantiques a tenu, lundi 21 juillet, sa première réunion territorialisée au siège de la Communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO), à Mourenx. Ce nouveau format délocalisé marque une évolution de cette cellule mise en place en mai dernier. « Il s’agit désormais d’organiser des déclinaisons locales de ce comité pour agir au plus près des réalités économiques du terrain », a précisé Joëlle Gras, secrétaire générale adjointe de la préfecture. Et de citer mutations écologiques, tensions sur le marché du travail, hausse des charges ou encore retards de paiement, comme autant de risques concernant les entreprises locales. Face à cela, le comité « se veut un outil d’anticipation pour éviter que des difficultés ponctuelles ne deviennent irréversibles », insiste la représentante de l’État.
Des indicateurs économiques plutôt rassurants
Le territoire de la CCLO est toutefois relativement épargné, présente Frédéric Cabarrou, directeur départemental de la Banque de France. Tout d'abord, commence-t-il, « l’économie française connaît un ralentissement mais résiste avec une croissance prévue à 0,6% cette année, et des prévisions de 1,6% pour 2026-2027 ». Il alerte toutefois sur la « double incertitude » liée à l’évolution des droits de douane américains et à l’appréciation de l’euro face au dollar. Au niveau local, le tableau est plus encourageant. Le tissu économique du bassin de Lacq s’est densifié : entre 2020 et 2025, le nombre d’entreprises est passé de 4.482 à plus de 5.000, soit une progression de plus de 15%, pour un total estimé à près de 8.000 emplois. « Le territoire est relativement dynamique », observe Frédéric Cabarrou, qui souligne des taux de rentabilité solides : 9% dans le bâtiment, 10% dans les services. Autre signal positif : les défaillances d’entreprises sont en recul de 10% sur le premier semestre 2025 dans le Béarn (+9% en Pays basque), avec une tendance à la baisse attendue pour les mois à venir.
Du côté des finances publiques, Jean-François Odru, directeur départemental, note une baisse modérée du chiffre d’affaires global des entreprises (-1,8%), mais une hausse significative (+5,6%) de la TVA déductible, ce qu’il interprète comme un signe d’investissement : « Les entreprises encaissent moins de liquidités mais continuent à vivre et à investir ».
Témoignages et accompagnements pour anticiper la crise
La réunion donne ensuite la parole à Jean-Marc Morales, dirigeant de Mitawatt à Monein, revenu sur les étapes de son redressement judiciaire, les difficultés rencontrées, mais aussi les soutiens mobilisés pour rebondir. Un témoignage qui illustre l’intérêt d’une détection précoce des problèmes. Les représentants de diverses structures d’appui aux entreprises, URSSAF, Tribunal de commerce, barreau de Pau, experts-comptables, CCI, Bpifrance, se succèdent ensuite pour présenter leurs dispositifs respectifs. Tous martèlent le même message aux entrepreneurs de l'assistance : aux premiers signes de difficultés, venir les consulter avant qu’il ne soit trop tard.
Enfin, la dernière séquence est consacrée aux difficultés persistantes de recrutement. David Vialat, directeur territorial de France Travail pour les Pyrénées-Atlantiques, rappelle que « le taux de chômage est aujourd’hui de 5% sur le territoire de la CCLO ». Eternel problème de riche du territoire, ce taux de chômage équivalent au plein-emploi complique considérablement la montée en puissance des entreprises. David Vialat présente les aides proposées par son institution pour accompagner les entreprises dans le recrutement de leurs salariés, y compris le recrutement de profils en reconversion par la formation.
D’autres comités de veille territorialisés seront organisés dans les collectivités du département à partir de la rentrée, annonce Joëlle Gras.